La capitale algérienne se lance à la reconquête de la Méditerranée avec un grand projet urbain envisagé à l’horizon 2030. Après avoir longtemps tourné le dos à la mer, la ville chérit à nouveau son front de mer.

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Alger, née sur un ensemble d’îlots dominé par une colline, est pourtant coupé de la mer depuis de longues années. Les industries, les voies ferrées, les routes, les fortifications érigées pendant la guerre civile des années 1990 et le port commercial, le plus important du pays, coupe les algérois de leur front de mer. D’où l’imposant projet de valorisation de la côte envisagé pour 2030. L’objectif est de transformer la baie depuis l’Amirauté, au centre-ville, jusqu’à Tamentfoust, la cité aux racines phéniciennes et romaines qui ferme la baie d’Alger à l’est. "L'aménagement de la baie, cœur vivant de la nouvelle image d'Alger, contribue à lever un paradoxe, celui de voir la mer et de ne pas y accéder directement ni en profiter", fait remarquer l'architecte-urbaniste Akli Amrouche. Désormais, Alger rêve de devenir un pôle touristique en mesure de rivaliser avec les grandes métropoles méditerranéennes comme Marseille, Barcelone ou Lisbonne. Et de compléter la côte Turquoise, à l’ouest de la capitale, qui permet aux Algériens de se baigner de fin mai à octobre sur un bord de mer aménagé. L’eau de mer est à 18/20°C fin mai et toujours à 22°C en octobre. Elle atteint 24°C en moyenne mensuelle au cœur de l’été.
La dépollution d'abord
Le projet urbain prévoit des promenades en font de mer, la restitution du port de pêche et un réaménagement du port de pêche. Plusieurs quartiers proches du centre doivent être reliés à la Grande Bleue par des ouvrages ultra-modernes. Mais pour « redonner des espaces de loisirs aux Algérois », selon le souhait de l’architecte Akli Amrouche, il faut d’abord retrouver une bonne qualité d’eau de baignade. Un projet de dépollution de l’Oued El Harrach, à horizon 2016, a été présenté. L’opération d’un coût de près de 400 millions d’euros doit permettre de débarrasser ce cours d’eau de 67 kilomètres, qui se déverse dans la baie d’Alger, des eaux usées et déchets industriels. Un parcours de 5 kilomètres à l’embouchure de l’oued doit même être aménagé pour les sports nautiques. L'Oued El Harrach devrait alors devenir "le nouveau centre de gravité de la baie d'Alger", autour duquel seront implantés plusieurs projets structurants, dont la Grande Mosquée d'Alger - en construction pour un coût d'un milliard d'euros -, le futur musée de l'Afrique, et un centre d'affaires, commercial et de loisirs, les pieds dans l'eau. Déjà, au début du printemps, la grande promenade des Sablettes a été ouverte au public. C'est ici qu'Albert Camus venait, adolescent, "se taper un bain".

 

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